Le Saint-Laurent, porte d'entrée maritime du Canada, coule sur plus de 3
800 km. Une partie est constituée d'eau douce, l'autre d'eau
salée. Une partie subit l'effet des marées, l'autre non. À
partir de ces caractéristiques physiques, on l'a divisé en quatre
grandes zones. La première, les Grands Lacs, constitue le plus grand
système d'eau douce au monde. La seconde zone, le fleuve, coule entre la
fin du lac Ontario et la région de Trois-Rivières. L'eau y est
douce mais les marées absentes. Ensuite, de la fin du lac St-Pierre
jusqu'à Pointe-des-Monts, s'étend l'estuaire, influencé
par les marées et de salinité variable. Au-delà, c'est le
golfe, jusqu'à l'océan Atlantique.
Comme l'estuaire présente lui-même des particularités
différentes le long de son parcours, on l'a subdivisé en trois
sections. La première est constituée d'eau douce; c'est
l'estuaire fluvial, de l'amont du lac St-Pierre jusqu'à la région
de Montmagny. La seconde voit débuter l'influence de la salinité;
l'eau saumâtre de l'estuaire moyen coule de Montmagny jusqu'au niveau du
Saguenay. De là, et jusqu'au golfe, c'est l'estuaire maritime,
véritable petite mer intérieure. Parce qu'ils ne tiennent compte
que de la salinité dans leur définition de l'estuaire, certains
océanographes considèrent que celui-ci débute tout
simplement à Montmagny, pour se terminer à Pointe-des-Monts.
CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES
La température
Après la salinité, la température de l'eau est l'aspect le
plus "saisissant" de l'estuaire. Les amateurs de baignade n'y sont guère
choyés, sauf en quelques rares sites très populaires, car la
température moyenne de l'eau de surface y est plus près de 5
0
C que des 15
0
C rencontrés dans certaines parties du golfe St-Laurent.
En fait, tous les plaisanciers nautiques doivent considérer la
température de l'eau comme facteur très important. En cas de
naufrage, le corps humain ne peut résister longtemps à cette
basse température, à moins d'être adéquatement
protégé. Avis aux navigateurs!
Cette température de l'eau est principalement due à
l'entrée dans l'estuaire des eaux froides de l'Atlantique nord. A son
tour, la température de surface des eaux de l'estuaire influence
grandement, le vent aidant, celle des régions côtières. Et
de façon assez rafraîchissante, merci!
Par ailleurs, la salinité agit directement sur le point de
congélation de l'eau. En effet, le sel abaissant ce point, on pourra
rencontrer de l'eau liquide, et non glacée, à O et parfois
même -2
0
C! C'est ainsi que durant l'été, par le jeu de la densité
et de la température, l'eau de surface pourra être à 10
0
C, alors qu'elle sera de 0
0
C à 20 m de profondeur et à 4
0
C au fond...
Les minéraux
La salinité exprime la quantité de sels dissous dans l'eau de
mer. En face de Pointe-au-Père, elle est de 27 grammes par litre d'eau
et de 29 gr/l dans le golfe. Cette salinité est surtout due aux
composés du chlore, les chlorures. Et de ceux-ci, le chlorure de sodium
(le sel de table) est le plus abondant. Il est principalement produit par la
dissolution des roches volcaniques dans les océans. Que ce soit sous
forme composée ou simple, on rencontre également dans l'eau de
mer des concentrations variables de nitrates, de phosphates ainsi que
différents métaux, comme le zinc, le cuivre et même de
l'or...
Les minéraux contenus dans l'eau de mer sont à la base de toutes
les pyramides alimentaires marines puisqu'ils servent de "carburant" aux
producteurs de matière vivante, surtout les algues.
, sorte de canal sous-marin qui parcourt longitudinalement l'estuaire et le
golfe, de l'océan jusqu'au niveau du Saguenay.
Rappelons-nous qu'à cause de sa densité plus grande, l'eau
salée a tendance à se tenir sous l'eau douce lorsque les deux se
rencontrent. A la marée montante, une formidable masse d'eau nous arrive
de l'Atlantique, ce qui a pour effet de gonfler les eaux du fleuve. Cette eau
étant plus dense que celle qu'elle croise dans l'estuaire, elle coulera
donc en profondeur, vers l'amont (l'ouest), sous les eaux de surface du fleuve.
Cette eau retrouvera par conséquent un courant qui coule dans le fond de
l'estuaire vers l'amont, dans le sens contraire du courant d'écoulement
normal du fleuve qui lui se dirige vers l'aval (l'est).
Le chenal laurentien se terminant vis-à-vis le Saguenay, ce courant
inverse remontera vers la surface à cet endroit. Les
éléments nutritifs qu'il transporte, mêlés à
ceux du fleuve et du Saguenay, y produiront une importante concentration
alimentaire. C'est en grande partie pourquoi on rencontre dans cette zone
autant de baleines, attirées qu'elles sont par la vie animale qui y
prolifère grâce à cet apport d'engrais naturels.
Les marées
Les plus spectaculaires mouvements d'eau rencontrés dans l'estuaire sont
sûrement les marées
que l'on observe deux fois par jour, avec un retard de cinquante minutes
chaque fois. Ce déplacement régulier de milliards de tonnes
d'eau, en plus d'impressionner le visiteur, joue également un rôle
de base primordial en conditionnant la forme du relief, la structure des
habitats littoraux ainsi que leur composition végétale et
animale.
Le phénomène des marées est causé par une foule de
facteurs, les principaux étant les forces d'attraction lunaire et
solaire. Et même si elle est plus petite, c'est la lune qui exerce
l'effet le plus évident, tout simplement parce qu'elle est plus
près de nous que le soleil.
Le mouvement des marées suit donc la rotation de la lune, avec un
léger décalage. À cause des curieux caprices des forces
gravitationnelles, lorsque la marée est haute dans une région
donnée (A), elle l'est également en son point opposé du
globe (C). À ce moment, elle est basse aux points perpendiculaires (B et
D).
L'amplitude des marées dépend beaucoup du relief des estuaires.
Elle sera plus grande quand le montant doit s'engouffrer par exemple dans un
fleuve ou une baie en entonnoir; c'est pourquoi les marées ont plus
d'amplitude à Québec (5,8 m) qu'à Pointe-au-Père
(3,4 m).
Mensuellement, les marées atteignent un maximum alors que le soleil et
la lune sont l'un derrière l'autre en ligne avec la terre, leur
attraction s'additionnant. Leurs maxima annuels coïncident avec les
périodes d'équinoxes. Ce sont les marées d'automne et du
printemps.